L’accompagnement à l’autonomie :

Réflexion autour du développement d’un outil d’évaluation des capacités du jeune se trouvant en centre d’accueil ou en famille d’accueil

A la différence d’autres pays, au Luxembourg, la majorité ne signifie pas automatiquement une sortie du centre d’accueil mais elle entraîne néanmoins une réflexion du jeune sur son projet de vie. Actuellement, les jeunes sont donc amenés à rédiger un Projet d’Autonomisation et sont invités à le présenter à l’Office national de l’enfance. Dans une volonté de cohérence et de continuité du suivi des jeunes issus des structures d’accueil (centres d’accueil ou familles d’accueil) dans leur cheminement vers l’autonomie, il est important d’avoir une réflexion plus générale sur « l’accompagnement à l’autonomie » de ces jeunes et sur le développement d’outils d’intervention. Si certaines activités des centres d’accueil visent déjà cette préparation à la vie autonome, il est nécessaire de réfléchir à l’élaboration et au développement d’outils qui auraient pour objectif la préparation à la vie autonome et le soutien des jeunes notamment dans leur transition d’un centre d’accueil vers un logement encadré. Un tel outil devrait évaluer les besoins et les compétences du jeune à développer mais également s’intéresser à ses envies et à ses aspirations. Cet outil viendrait donc s’inscrire dans l’élaboration du projet de vie du jeune.

Pour le développement d’un tel outil, il est intéressant de s’inspirer de ce qui a déjà été fait à l’étranger et notamment en Belgique avec le programme EVA-GOA qui s’adresse aux jeunes de 15 à 18 ans qui se trouvent dans le dispositif de l’Aide à le Jeunesse dont l’objectif est le développement de l’autonomie fonctionnelle (compétences mobilisées dans la vie quotidienne et habilités sociales).

L’outil de mesure Evaluation de l’autonomie fonctionnelle (EVA) est un logiciel sous forme de questionnaire qui va permettre de faire état des acquis, des compétences et des apprentissages à acquérir par le jeune, selon son point de vue dans une première version et selon le point de vue du professionnel qui le suit dans une deuxième version. Le but étant de permettre au jeune de mieux se connaître et de développer la communication entre le professionnel et le jeune mais également entre les professionnels entre eux et les différents services.

Le questionnaire recouvre neuf domaines reprenant 104 items, à savoir :

  1. Vie quotidienne
  2. Gestion administrative
  3. Aptitudes au travail et techniques d’étude
  4. Planification de carrière
  5. Soins Personnels
  6. Relations sociales
  7. Communication
  8. Quelle importance pour moi ?
  9. Points supplémentaires

Trois types de réponse sont prévus pour le jeune :

  • 1 = non applicable à ma situation/jamais/pas du tout
  • 2 = plus ou moins
  • 3 = tout à fait/très bien.

Dans le questionnaire destiné au professionnel, s’ajoute aux trois types de question une réponse 0 = pas d’information à ce sujet.

Un troisième questionnaire sous forme de questions à choix multiples vise à mettre en situation le jeune dans sept des neuf domaines repris dans le premier questionnaire.

Pour finir, le jeune peut visualiser ses résultats sous formes de graphiques et d’un tableau.

La particularité de cet outil EVA est le protocole de passation de ce test et de communication des résultats qui sont des moments importants dans la relation établie entre le jeune et le professionnel qui le connait le mieux et qui s’inscrit dans une approche centrée sur le jeune.

Le Guide d’outils en vue de plus d’autonomie (GOA) est la suite logique de l’EVA puisqu’il permet au professionnel de parcourir les apprentissages réalisés par le jeune à l’aide de fiches pédagogiques (Gestion de soi, connaître et gérer son réseau social, gérer ses soins personnels, gérer sa vie professionnelle, gérer sa scolarité, gestion administrative, gestion du budget etc.) et de fixer avec lui les compétences qu’il souhaite développer. Ces fiches pédagogiques peuvent être rassemblées dans un « carnet de l’autonomie » lui permettant de visualiser les apprentissages effectués.

La réflexion autour de l’adaptation au contexte luxembourgeois d’un tel outil nécessite une concertation entre les différents protagonistes qui œuvrent dans l’accompagnement des jeunes se trouvant dans le dispositif de l’aide à l’enfance et à la famille.

Daniela Aranda